Secteur extractif : Sangafowa-Coulibaly en mission à Gaborone pour s'inspirer du succès botswanais





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Le ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly (au centre) en visite à la mine de Jwaneng, au Botswana.



Pour renforcer la gouvernance du secteur extractif ivoirien, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a entamé, du 16 au 18 février 2026, une mission de travail de trois jours à Gaborone, au Botswana. Dans une note parvenue à pressecotedivoire.ci, cette démarche stratégique s’inscrit dans un contexte où le pays d’Afrique australe est régulièrement cité comme un modèle de référence en matière de gestion efficiente, transparente et durable des ressources minières.

« La Côte d’Ivoire a la chance de découvrir tardivement la richesse de son sous-sol. Cela lui donne l’avantage de tirer les leçons des expériences d’autres pays africains et d’éviter certaines erreurs », rappelle le ministre ivoirien, lors des échanges avec la délégation Botswanaise. 

Dès l’entame de sa mission, Mamadou Sangafowa Coulibaly a salué, aux côtés de son homologue botswanaise, Bogolo Joy Kenewendo, un modèle qu’il qualifie d’exemplaire. « Vous avez su transformer vos ressources minières, notamment le diamant, en un véritable levier de développement économique et social. Les revenus tirés de l’exploitation ont permis de bâtir des infrastructures et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations. C’est une réussite que nous admirons sincèrement », a-t-il déclaré.

L’ambition ivoirienne est claire : s’inspirer des mécanismes ayant permis au Botswana d’attirer les investisseurs tout en préservant ses intérêts nationaux, de négocier des contrats équilibrés, d’assurer la traçabilité des ressources et de promouvoir une gouvernance transparente, aujourd’hui citée en exemple sur le continent africain.

De son côté, la ministre botswanaise a salué cette initiative, voyant en elle l’opportunité de faire des secteurs minier et énergétique le socle d’un partenariat bilatéral renforcé, illustrant une coopération Sud-Sud appelée à prendre davantage d’ampleur.

Pour Sangafowa Coulibaly, la réussite d’un secteur extractif ne se mesure pas uniquement au volume des découvertes, mais surtout à sa capacité à générer une dynamique économique endogène. « La découverte n’est que la première étape. La transformation, la gestion et la valorisation durable des ressources sont les véritables défis », a-t-il insisté. Ajoutant que si la Côte d’Ivoire traverse actuellement une phase particulièrement dynamique dans l’or et les hydrocarbures, l’enjeu demeure l’ancrage local de la création de valeur, le développement du contenu local et la structuration d’un écosystème industriel capable de soutenir la croissance sur le long terme.

Dans une logique d’observation concrète du modèle botswanais, Mamadou Sangafowa Coulibaly a effectué, le 17 février, une visite de terrain à Mine de Jwaneng, située à environ deux heures de Gaborone. Surnommée la « King of Mine » depuis son ouverture en 1982, elle figure parmi les exploitations diamantifères les plus riches au monde.

Entièrement opérée par des compétences nationales, la mine incarne le résultat d’une politique de contenu local menée avec constance sur plusieurs décennies.

« Au cours des cinquante dernières années, nous avons développé une expertise solide dans le domaine minier, au point de créer une entité dédiée à la promotion de ces compétences à l’international », a expliqué Goitseone Gadifelen, directeur général de la mine.

Au-delà de la performance industrielle, l’impact économique et social de Jwaneng est significatif : infrastructures modernes, systèmes de santé et d’éducation renforcés, formation technique et développement des communautés locales ont été profondément transformés grâce aux revenus issus du diamant. « Le Botswana laisse une impression très forte. Il démontre comment des ressources minières bien gouvernées peuvent durablement impacter une économie. Les infrastructures, la santé, l’éducation, la formation des élites : tout a été développé grâce au diamant. C’est exactement ce que nous voulons voir se concrétiser en Côte d’Ivoire », a confié le ministre ivoirien à la presse à l’issue de la visite.

En plus des rencontres officielles, cette mission ouvre la voie à un rapprochement important entre deux pays aux parcours différents mais complémentaires : le Botswana, fort d’une longue expérience réussie dans la gouvernance minière, et la Côte d’Ivoire, engagée dans une nouvelle phase de développement de son secteur extractif.

Cette coopération devrait se renforcer davantage, d’autant plus que le Botswana a été officiellement choisi comme pays à l’honneur de la deuxième édition du Salon International des Ressources Extractives et Énergétiques (SIREXE), prévue du 18 au 22 novembre 2026 à Abidjan.


Elysa Achi

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